Le blog de Victoire


12/05/'19

ce sont toujours tes mains

C’était dans un dehors japonais où nous venions juste d’arriver, j’étais allongée sur un banc, la tête reposée sur ses genoux. Je m’assoupissais plissant les yeux de ce que le soleil soit si haut et qu’il fut encore si nuit dans ma peau. J’avais la main gauche négligée sur le ventre pour ne pas la laisser pendre dans le vide, quand j’ai subitement rouvert les deux yeux.

J’ai dit il vient de bouger. Fort !

Dix jours ont passé depuis et je deviens doucement savante de tes danses. Quand je m’allonge je sais que j’horizontalise tes murs et j’ai rendez-vous, à chaque fois, avec toi ; il faut que tu te tournes et te retournes, que tu te niches à nouveau. Je devine l’endroit précis où tu te trouves et t’envoie des signaux auxquels tu réponds, souvent. J’imagine ta très petite main ouverte à plat au centre de la mienne, je ne visualise jamais tes poings : ce sont toujours tes mains.

Ici des mouches assoiffées viennent nous boire dans les rétines et des chenilles pendent aux branches par des fils invisibles. Je t’écris d’une île sacrée où l’on ne peut ni naître, ni mourir, ni déraciner les arbres. Et où la mer embaume l’air jusque dans nos lits.

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Un commentaire pour “ce sont toujours tes mains”

  1. Quelle délicate et subtile description du miracle de sentir la vie prendre espace au creux de soi! Merci pour cette belle émotion.

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