Le blog de Victoire


12/03/'18

la chambre bleu pâle de Montréal

Ses cheveux ont eu cette fois-là l’odeur exacte de ma chambre bleu pâle de Montréal. Rien de lui ni d’aucune pièce n’avait jamais eu l’odeur exacte de ma chambre bleu pâle de Montréal. Je suis restée silence, j’ai gardé les paupières-portes, lourdes et verrouillées. J’ai pensé aux pieds, aux siens, jamais déposés sur ce territoire, celui-là seul où il m’a semblé être un jour parfaitement libre, où chez moi n’était que cette chambre bleu pâle de Montréal, dont je décorais les murs avec des sachets de thé, d’où il me semblait n’appartenir que les feuilles mortes crevées de chatouiller les fenêtre et n’emprunter que des draps que je mettais, après les lessives, des semaines à refaire miens. Où l’on ne s’inquiétait jamais pour moi. Ses cheveux ont eu cette fois-là l’odeur exacte de ma chambre bleu pâle de Montréal et je me suis satisfaite de refermer le poing dedans, de me réfugier dans ma main réfugiée dans ses cheveux, comme je fais toujours parce qu’il y a matière et que la matière, ça tient.

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