Le blog de Victoire


8/02/'18

dans le métro ligne cinq

Dans le métro ligne cinq, rame bondée, cet homme profondément endormi pourtant isolé sur la rangée de quatre sièges. Visiblement sale, saoul, seul. Il a la tête qui repose et ballotte dans le vide. Il a, surtout, la main droite rangée dans le blouson fermé, par un petit interstice dans la tirette. On s’attend à ce qu’il ouvre sèchement les yeux et sorte de la veste un pistolet en or jaune ; hurlements dans la masse uniforme et canon, finalement, pointé contre sa tempe crasseuse. Moi je vois qu’il a la paume ouverte dans le blouson, côté coeur, et je l’imagine bercé par les bang bang de son organe ; j’imagine qu’ils sont son assurance d’être toujours là vivant dans la rame, si personne ne le voit lui au moins il se sent ; j’imagine qu’ils sont le dernier bien qu’il puisse contenir dans sa main.

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