Le blog de Victoire


1/04/'17

& elle chante

Je me laisse descendre, moi statique sur l’escalier mécanique, il y a des gens devant et derrière moi qui descendent également. Elle aussi est statique, montée juste ma gauche et seule de son côté qui monte, et elle chante.

Elle a cette voix-flûte longue et humide, elle chante et regarde devant ; un chant arabe, une psalmodie qui oscille sans hésiter jamais. Je regrette toute l’après-midi de ne pas l’avoir suivie.

ou alors

Le haut est tellement bas qu’on en oublie de se souhaiter l’équinoxe, c’est en prenant l’avion et en grimpant par-delà les épaisseurs que j’ai pu me dire ça y est c’est bon nous sommes passés à la saison des éclosions.

ou alors

Être quelqu’un dans la foule. En général ce fait n’existe que grâce au regard, jamais déviant, d’une seule personne.

ou alors

Cette façon qu’il a de ne jamais me laisser seule, avec ses longs cils qui battent l’air à mesure que son attention passe brièvement de mon visage à sa main qui beurre le pain.

ou alors

J’ai beaucoup trop de phrases, des phrases pour tout, rien qui sur l’instant ne soit pas une phrase. Le mutisme pourtant quand il s’agit de faire des phrases sur mes phrases. Et si l’imposture était là ?

ou alors

J’ai frotté en avril sur mes baskets bleues du sable blanc qui datait de janvier.

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