Le blog de Victoire


15/03/'17

Berlin, printemps

Je voudrais jouir de notre lieu et j’en jouis pourtant, accroupie devant les rideaux à découper sans bien suivre les lignes des danseuses de ballet dans les journaux,

balancée par sa voix de radio cachée derrière sa nuque,

je repense aux costumes d’hier soir, aux jupons et pantalons distribués aléatoirement aux filles et aux garçons,

je voudrais jouir de notre lieu et j’en jouis pourtant

mais la lumière me fait coller ventre et front aux vitres froides,

j’ai là la peau diaphane qui s’en va flétrir dans l’appartement.

Je suis une algue d’extérieur.

Je ne regarde pas l’arbre je regarde l’ombre de l’arbre sur le mur.

J’ai le nez sur ma montre pour la lumière

moi qui ne porte pas de montre je songe il ne nous reste que x heures pour la lumière.

Dehors les oiseaux chantent mais seulement deux notes, deux fois l’une puis l’autre, si – si – la je crois – tu ne vois pas ? Écoute : ti ti tu – ti ti tu. C’est mieux comme ça ?

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