Le blog de Victoire


23/01/'17

ici

Ici les buildings tournent sur eux-mêmes, se tordent comme des gants imbibés, sous le cagnard, de la sueur des ouvriers. On les imagine, les ouvriers, à rejoindre le désert qui les entoure. Des grains qui tombent parfois épuisés du dernier étage provisoire. Ici les tours poussent continuellement. Les oiseaux et les grues se disputent la bande sonore. En nageant la brasse, plongeant puis sortant la tête de l’eau bleue, dégageant les cheveux joints sur le front, on croit s’être trompé de décor. C’est le désert que l’on retrouve encore. Les bougainvilliers et l’appel à la prière, la silhouette des palmiers sur les murs orange et les odeurs du marché rappellent des terres aimées. On cherche une langue : il y en a mille. On cherche de la poussière agglomérée. Un repère, un repas : il n’y en a pas. Ici n’a pas d’origine et les voudrait toutes.

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