Le blog de Victoire


20/08/'16

madame tu

Treize heures et des à l’arrêt de bus, je lis debout les poèmes iodés d’un Cendrars en bateau trouvé le matin même aux puces. J’ai déjà dit que je lis fort bien comme ça, dans la jungle, les chaussures tout au bord du trottoir pour pouvoir deviner l’arrivée puis grimper dans le bus sans lever la tête ni décoller de ma lecture. Madame, j’entends vaguement, madame, madame, m-a-d-a-m-e, je ne sourcille pas. Ok j’en suis déjà à l’âge de garder sur le front les quelques rainures visibles d’années de sourcillements justement mais quand même, impossible que ce soit à moi que s’adresse cette grosse voix. Ce que je ne sais pas c’est que ces poèmes me font me pencher très légèrement vers l’avant, toute à mes récits de mer il semblerait que j’oblique pour plonger dedans. La grosse voix s’en est inquiétée et a anticipé l’arrivée du bus puis de ma tête fauchée. La grosse voix, accompagnée d’une grosse main, se dépose doucement sur mon épaule, compense, en me disant tu, sa formule de vieux. Tu prends des risques madame, allez madame, viens !

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Un commentaire pour “madame tu”

  1. Treize heures et des poussières?

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