Le blog de Victoire


14/08/'16

je voulais j’espérais

Traîner dans les rues avec des souliers trop courts mène toujours qu’on se le dise à traîner dans les rues sans souliers tout court. Je traîne pieds nus dans ma ville et m’extasie de ce que mes plantes ne soient le soir pas tellement noires. Je traîne pieds nus dans ma ville et m’installe n’importe où pour bouquiner, n’importe où oui pour bouquiner oui mais pas n’importe quoi : de la poésie, seule chose qui vaille d’être lue au milieu des gens quand on s’y frotte toujours malgré soi, seule chose qui autorise qu’on aille et qu’on vienne qui pardonne ça, seules phrases sans trop d’ego ou de trame qui prêtent leurs clefs une fois deux fois cent fois. Je lis sur l’escalier face à l’église, celui jamais à l’ombre, je lis au bord de la fontaine infestée qui empeste le chlore périmé. Je lis sur le vieux banc et un gros homme s’installe à côté de moi, il siffle « non, non, rien n’a changé, tout, tout … », je lui souris timidement me tortille timidement fredonne timidement, il siffle encore  « … tout tout a continué » ses yeux de gageure dans mon décolleté, il siffle encore et haut et fort je le regarde et je riposte :

HEY HEY !

 

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