Le blog de Victoire


8/01/'15

Au nom du coeur

« Au nom » du ciel, venger.

« Au nom » de la libre pensée, railler.

« Au nom » de la presse, scander.

« Au nom » de l’effroi, s’enlacer.

« Au nom » de la liberté, s’indigner.

« Au nom » de la fraternité, se rassembler.

« Au nom » de la peur, amalgamer.

« Au nom » de la justice, accuser.

« Au nom » de la paix, enfin, se lever.

 

Je ne sais qu’ajouter si ce n’est peut-être que, comme vous, je suis terrorisée. Comme vous, je suis triste, révoltée. Et terriblement désolée. Qu’il faille, « au nom de », tout foutre en l’air, secouer, ou se réveiller. Qu’ « au nom de » dissimule au fond ce qu’est la véritable libre opinion, ou, sans tout confondre, le ressenti affranchi. Qu’ « au nom de », l’on ne s’écoute pas véritablement, ni d’un pan, ni de son contraire, que l’on n’entende ni même, finalement, son voisin ou bien son frère. Qu’ « au nom de » l’on ne prenne pas vraiment l’affectivité en compte, je veux dire ce qu’il peut ressentir, l’autre, celui qui n’est pas toi. Au nom de, donc, l’autorisation absurde de massacrer, absolue de s’exprimer, rire ou divulguer. Et j’ai peur de me demander ce qu’ « au nom » du coeur il peut bien nous rester.

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