Le blog de Victoire


22/09/'14

Ecorcée

Je suis nue. Déshabillée depuis un instant indéterminé de cette fine pellicule, de ce manteau serré qui atténuait certaines de mes réactions, sourdine comportementale qui me poussait à extérioriser avec parcimonie, prudemment. Aujourd’hui si j’ai peur je crie fort je pleure très souvent les épaules secouées par un ressac puissant quand je suis triste ou transie ou émue ou nostalgique ou déçue, je ris aussi, je danse n’importe comment, change de face, de couleur. Mais pourquoi tu cries, mais pourquoi tu pleures ? – Je suis transparente, on peut lire sur mon visage et sur ma peau, on peut voir le sang me battre aux tempes ou les cyclones dans mes yeux sombres, deviner l’amour que je porte, l’indifférence ou le fugace mépris s’il en est. Mes répliques sont parfois si intenses que je peine à leur attribuer la juste origine : ces gros sanglots, sont-ce du chagrin, de la joie, de l’envie peut-être ou encore autre chose qui ne porte pas de nom ?

J’avance désormais résolument à vif, sans écorce, c’est ça, écorcée vive, sans peau, toute nue, impudique, partout, seule, en société, face à lui, face à vous, pour le meilleur et sans doute le pire, pourquoi, pour combien de temps, je ne sais pas, voilà.

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