Le blog de Victoire


16/03/'14

Habiter sa peau

Des épaules minuscules sur lesquelles glissent les bretelles et des jambes brinquebalantes qui ne me tiennent pas toujours debout, une démarche hasardeuse et avec elle une conscience limitée de l’espace qui m’entoure, des ecchymoses au bout des genoux. D’aussi loin que je me souvienne,  et qu’importe l’environnement moral de l’instant, l’enjeu d’habiter ma peau a toujours été le plus grand : celui de faire de mon enveloppe corporelle mon premier refuge, mon abri principal, suffisamment solide pour me tenir à l’abri des tempêtes lors de mes introspections, pour veiller au dehors lors de mes multiples voyages au-dedans. J’ai pourtant tour à tour dissimulé, transformé, malmené mon corps; entre lui et moi se sont menés souvent conflits d’intérêts et joutes silencieuses, c’était à qui, de lui ou de moi, manifesterait au mieux révoltes et vertiges. Il est arrivé parfois qu’il s’exprime avant moi , qu’il raconte, à sa manière, ce que je taisais de manière volontaire : les maux en lieu et place des mots.

 

Je me dis souvent que ces mots-là que je retiens au-dedans de moi et qui me brûlent les lèvres depuis un temps déjà finiront par me consumer à l’intérieur, tu sais, de faire du monde sous ma peau une zone sinistrée, un amas de cendres et de tison brûlant. 

 

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(en réponse à cet article-ci)

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