Le blog de Victoire


19/05/'13

le goût de foudre

Le coup de foudre est immédiat. D’un geste net et précis, il traverse l’échine de celui qu’il atteint, le laisse interdit un instant et s’en va à pas de loup, satisfait d’avoir modifié presque imperceptiblement sa chanceuse victime. On ne se remet jamais vraiment d’un coup de foudre ; c’est en cela, et c’est fort heureux, que le coup de foudre est immuable. Mais on ne retrouve jamais la sensation première qu’il provoque en soi ; c’est en cela, et c’est bien dommage, que le coup de foudre est si fugace.

 

Le goût de foudre, c’est différent. On l’a d’abord sur la langue, il est acidulé et il crépite, on ne le nomme pas vraiment. On le perçoit au bout des doigts, il est quelque part dans l’atmosphère, comme précisément l’orage quand on le sent dans l’air. Quand deux êtres le partagent, en général, ils n’ont pas besoin de se toucher. Il y a quelque chose d’électrique dans les gestes qu’ils n’ont pas – à tout le moins tant qu’ils tiennent tête à la chose – l’un envers l’autre. Et quand finalement ils succombent, ils espèrent le foudroiement sans fin et que la saveur du tonnerre se dévore, encore et encore, sans faim. On a l’appétit du risque, paraît-il, tant qu’on existe. Alors c’est forcé qu’on y prenne goût, au goût de foudre.

Partager sur Facebook, Twitter & catégorie(s) : Boîte à histoires

2

2 commentaires pour “le goût de foudre”

  1. Quelle belle façon de les décrire ces phénomènes si peu explicables…

  2. « Écrire, cela signifie que vous êtes capable de ressentir plus fort que les autres et de transmettre ensuite. » — Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Laisser un commentaire