Le blog de Victoire


10/03/'13

Lemonade

 

Cette semaine a été réceptacle de trop de tourments pour en faire l’inventaire détaillé, en témoigne la grande balafre sur mon front que je me suis infligée à moi-même lors d’une de mes nuits pires qu’agitées. Contentons nous ici de citer, citer ces moments, beaux même si parfois beaux malgré tout, qui pétillent vaille que vaille comme de la limonade.

Citons l’arrivée massive d’un printemps éphémère, avec les oiseaux qui chantent au petit jour et tout et tout, le dîner de sushis à l’improviste chez D. et le vernis à ongles rose fluo, citons le jus de fraise-menthe pendant la pause de midi et le soleil qui brûle les genoux recroquevillés contre mon ventre, citons la course en vitesse avec la musique à fond la caisse parce que j’ai réalisé à 16h20 que j’avais rendez-vous à une demi-heure de route à 16h30, citons le premier verre de rosé en terrasse avec les copains et les deux places de concert dans l’enveloppe rouge en surprise dans ma boîte aux lettres résolument trop remplie, citons ce trajet en voiture avec ma si précieuse P. après cette journée épouvantable que nous avions passé toutes les deux chacune de notre côté et sur laquelle nous avons déblatéré tour à tour – à toi maintenant ! – en nous sentant tellement plus légères ensuite, citons cette pièce de théâtre dans laquelle jouait mon amie S., et cette manière qu’elle a eu d’irradier sur les planches et de nous flanquer des frissons jusqu’en bas de l’échine en évoquant les rictus d’un visage sans vie sur Lemonade de CocoRosie, citons le traditionnel breakfast du vendredi avec les pancakes aux myrtilles, les retrouvailles avec mon amie M. fraîchement revenue de son si long périple à San Francisco et la fête le soir même en son honneur, les yeux verts de E. qui deviennent encore plus verts que verts lorsqu’elle pleure doucement et cette envie de la garder là, en permanence dans mon appartement, pour la sentir apaisée et en sécurité, citons cette interview par téléphone avec cet écrivain si talentueux à propos de Kiss & Cry et cette autre à une éditrice au milieu d’un salon du livre bondé à outrance, citons cette petite fille maladroite couverte d’étoiles qui lui a fait songer à moi ce matin-là, citons cet aller-retour de nuit en moto avec ce casque plus lourd que ma tête et ces gants à dix fois la taille de mes mains, cette sensation de vitesse folle alors que et accroche-toi bien hein, je voudrais pas que tu t’envoles, citons ce brunch du dimanche au milieu de cette famille bretonne à laquelle je tiens presque autant qu’à la mienne et que j’ai dans la peau à défaut de l’avoir dans le sang, citons cette réunion qui aura lieu, là, dans quelques instants, autour de notre précieux magazine qui ne cesse de grandir de lecteurs d’envies de projets et d’espoir, il y aura du cake citron-pavot homemade, un dîner entre nous et le grand retour de la neige fracassante pour nous inviter à rester collés serrés les uns aux autres toute la soirée. A demain, l’entre-saison, l’humeur oscillante, hésitante entre noir et blanc, à demain.

 

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