Le blog de Victoire


4/12/'12

L’enchantement simple

La neige s’est déposée trop brièvement sur Montréal. Le silence fugace des nos pas calfeutrés a laissé la place à un ciel grisonnant, parsemé ça et là de nuages gris et molletonnés, chargés, qui sait, d’amertume de jeune fille. C’est pour y échapper que je me suis engouffrée dans le café V., cette après-midi. J’ai commandé une tasse de chaï latte et suis allée me lover dans ce grand canapé, face à la grande fenêtre qui donne sur la rue. Je me suis levée un instant pour rapporter ma boisson à la petite dame, au comptoir. Je lui ai dis :

– Je voudrais qu’il me brûle.

Et ma propre requête m’a fait sursauter. Je . voudrais . qu’il . me . brûle . , évoque sans doute bien d’autre chose encore qu’un frisson d’hiver à raccommoder. Sauve qui peut la vie.

De retour à mon fauteuil, mon thé ardent entre les doigts, je me suis mise en quête de contempler les quelques livres négligemment déposés sur l’étagère à côté de moi. J’en ai pris un au hasard : c’était l’enchantement simple, de Bobin. A la même bonne fortune, je l’ai ouvert sans choisir la page. Et j’ai pu lire ceci :

J’ai alors pris le parti de ne lire que les passages soulignés, surlignés, parsemés d’étoiles gribouillées. Et.

Ou encore,

Ah. C’est à croire que lorsque je ne trouve pas les mots, ce sont les mots qui me trouvent. Et qu’à tout coeur chiffonné s’attache un chiffon parfumé.

Oui. Sauve qui peut la vie.

3 commentaires pour “L’enchantement simple”

  1. *sublime**

  2. J’adooooooore ma Vic <3

  3. On touche au sublime avec Bobin, quelle joie d’y accéder ainsi.
    Je l’ai de mon côté découvert aussi grâce à un élan du coeur, on devrait toujours entrer dans l’écriture par cette porte.
    Je te lis (j’ose le tutoiement, oui madame) toujours avec autant d’appétit, longue vie à cet espace imaginaire, à tes histoires.

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