Le blog de Victoire


16/12/'12

coeurps

Ca m’a pris la gorge cette nuit, au Quai des Brumes, quand assis à notre table nous accusions joyeusement le coup de notre très longue soirée glacée et que je sirotais lentement le jus d’ananas/canneberge qu’A. avait commandé pour moi, et ça a recommencé là, il y a dix minutes, en regardant la neige tomber et tomber comme je le lui avais demandé, en sentant le parfum du café émanant de la petite cafetière argentée. L’eau dans les yeux. Les paupières comme piètres frontières. Les joues sèches de justesse.

J’ai terriblement peur que mon départ de Montréal sonne le glas du retour de ce que je trimballe depuis toujours, un manteau très serré qui fait mon charme, je suppose, mais dans lequel je suis bien trop souvent engoncée : celui d’une mélancolie certaine, douce-amer s’il en est, tout à tour encombrante versus stimulante. Il te faudra autre chose, me diraient-ils ici avec ce si charmant accent, sans quoi tu ne passeras pas l’hiver. Les manteaux les plus fiables ici sont aussi les plus légers, ils débordent de plumes et de duvet qui ne pèsent pas grand chose; il m’en faudrait définitivement un comme ça, avec une doublure en soie, pour traverser l’Atlantique dans l’autre sens et fendre les vagues (à l’âme).

 

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