Le blog de Victoire


1/07/'12

C’est l’été.

Des tasses empilées, de la faïence délicate à l’intérieur taché par les restes de thé, des mèches de cheveux qui prennent la lumière à la vitesse de l’éclair et varient en couleur dès que le ciel se fait plus clair, un parfum qui sent la poudre la fleur de lin et le calisson d’Aix, une collection fraîchement entamée de pièces de monnaie dorées destinées à approvisionner le photomaton désuet placé dans un musée juste pour l’été, de la citronnade et de grandes feuilles de menthe dans une bouteille en verre, danser danser danser tard dans la nuit au milieu des orangers placés là entre les murs de brique pour l’événement, se laisser gagner par la fatigue et manquer de peu l’envol des lanternes après le départ des mariés, des baisers qui brûlent les lèvres et le ventre et la peau, mon nom cité lors de la proclamation des réussites de l’année et le sourire fier et entendu des professeurs de l’université, une exposition « ô loup! » au milieu d’un parc sublime aux allées bordées d’arbres centenaires qui doivent en avoir tant à raconter, une étreinte en coup de vent, un concert sous les voûtes des jardins botaniques et la surprise des artistes en nous entendant entonner les paroles par coeur / en choeur, la toute première édition d’une saison en enfer sous mes yeux et un ouvrage dédicacé par Baudelaire qu’il faut tenir avec des gants, des paroles bues et dévorées avec une attention que je ne me connaissais pas, un roman entamé et terminé en une nuit, le rendez-vous des insomnies, recevoir en cadeaux une version par Suzy Lee d’Alice in wonderland sans mots mais avec des images folles et une illustration originale de Catherine Pellin et mettre la journée à s’en remettre, des retrouvailles, les tickets de cinéma qui s’accumulent dans les Moleskine, des abricots, des vêtements légers aux tons qui piquent les yeux, la grande quête de LA chemise d’homme en lin et blanche et qui ne tient pas sur les épaules, quelques taches de rousseur sur les joues le front le bout du nez, les valises à faire en dernière minute, le billet d’avion pour Barcelone et bientôt la route de nuit pour la Bretagne, se voir déjà à Montréal et avoir à la fois peur et faim de cet autre bout du monde, relire Gaston Miron pour l’occasion et se dire je n’attends pas la fin du monde je t’attends je n’attends pas à demain je t’attends moi qui ai des yeux où soleil et mer s’influencent à des milles de distance de nos rêves bourrasques je finirai bien par te rencontrer quelque part, se rendre compte qu’on finit par connaître par coeur la marche à l’amour kilométrique, la peau progressivement dorée, l’été, c’est l’été, c’est l’été.

 

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